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Imprimé sur le béton. Sur le point de s’envoler. D’un revers de la main, le taggeur affiche son rêve sur les murs de la ville. Plombé par le soleil et suant dans ses bottes. Le cheval n’a rien à dire. La vie est dure. Il partira pour de nouvelles pupilles qui prendront le cliché idiot d’une peinture murale. De passage.
Et dans la rue, les badauds traversent des sas, la misère, le tourisme, le luxe, le patrimoine. Ils regardent. Que voient-ils en fait d’un sursis lumineux au dessus de dignes vieilles pierres? D’un clochard caché sous sa couette crasseuse? La réalité d’une ville, entre rêve d’urbanisme et violence immatérielle, loin d’une utopie qu’on écrase. L’individualisme du peuple qui avance, en fête, en berne, dépend des humeurs et des heures. On plante dans tous les sens avec coeur et rancoeur. Mais vibre au fond des bobines qui défilent un espoir et les âmes vivantes se croisent au bord d’un rempart où un cheval prend ses ailes pour la réalité. Et décolle.

Sur l’île d’Utopie. On rêve. Chez Thomas More, les habitants réinventent le savoir-vivre, élèvent leurs enfants et vivent en communauté. Ils créent une nouvelle société. Marivaux, où les amours se forment et se déchirent, les hommes mentent, les femmes sont sottes et vice-versa. Shakespeare, démons, tempêtes et naufragés. Naufragée, échouée sur un monde et perchée à un univers. L’utopie, elle avance.